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Qu est ce que le neuroblatome? posté le dimanche 07 mai 2006 12:52
COMPRENDRE
LE NEUROBLASTOME
Guide à l’usage des parents et des familles
Copyright © FNCLCC 2000
Fédération Nationale des Centres de Lutte Contre le Cancer (FNCLCC)
101, rue de Tolbiac 75013 Paris
Tél : 01 44 23 04 62 - Fax : 01 44 23 04 17
Tous droits réservés
Comprendre le neuroblastome . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 2LE NEUROBLASTOME
. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 51.1 Qu’est-ce que le neuroblastome ?
. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 51.2 Qu’est-ce qu’un cancer ?
. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 51.3 Le neuroblastome est-il un cancer fréquent ?
. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 51.4 D’où vient le neuroblastome ?
. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 61.5 Quelles sont les causes du neuroblastome ?
. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6LE DIAGNOSTIC : Comment savoir si c’est un neuroblastome ?
. . . . . . . . . . . . . . . . 82.1 Le bilan : quels sont les examens pratiqués pour établir un diagnostic ?
82.1.1 L’examen clinique
. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 92.1.2 Les examens radiologiques
. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 92.1.2.1 L’échographie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
102.1.2.2 Le scanner . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
102.1.2.3 La scintigraphie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
112.1.2.4 L’IRM (Imagerie par Résonance Magnétique) . . . . . . . . . . . . . . .
112.1.3 Les examens par prélèvements (urines, sang)
. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 112.1.3.1 L’examen des urines . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
112.1.3.2 L’examen de sang . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
122.1.3.3 L’examen des cellules de neuroblastome :
l’examen anatomo-cyto-pathologique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
122.2 Les différents types de neuroblastomes
. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 132.2.1 Comment sont classés les neuroblastomes ? . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
13TRAITEMENTS : Quels sont les moyens pour lutter contre un neuroblastome ?
. . 153.1 Quels sont les différents traitements possibles ?
. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 153.1.1 La chirurgie
. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 153.1.2 La radiothérapie
. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 163.1.3 La chimiothérapie
. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 163.2 Selon quels critères choisit-on les différents traitements ?
. . . . . . . . . . . . 173.2.1 Si l’enfant a plus d’un an
. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 183.2.1.1 Si c’est un neuroblastome localisé . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
183.2.1.2 Si c’est un neuroblastome disséminé . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
183.2.2 Si l’enfant a moins d’un an
. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 193.2.2.1 Si c’est un neuroblastome localisé . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
193.2.2.2 Si c’est un neuroblastome disséminé . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
203.2.2.3 Si c’est un neuroblastome en sablier . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
213.3 Est-il possible de dépister un neuroblastome ?
. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 21LES RÉSULTATS : Quelles sont les chances de guérison ?
. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 23LA SURVEILLANCE : Les traitements sont terminés, que faut-il faire ?
. . . . . . . . 245.1
Neuroblastome localisé . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 245.2
Neuroblastome disséminé . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 24GLOSSAIRE
. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 25Le Neuroblastome
1.1 Qu’est-ce que le neuroblastome ?
L
e neuroblastome est un cancer*. Il est découvert le plussouvent chez l’enfant avant l’âge de 6 ans.
1.2 Qu’est-ce qu’un cancer ?
L
e cancer est une maladie de la cellule*. La cellule est l’unitéde base de la vie. Il existe dans le corps plus de deux cents
types de cellules différentes (cellule musculaire, cellule de la
peau, cellule du sang, cellule des os, cellule nerveuse, etc.).
Chacune a un rôle précis. C’est grâce à la reproduction
des cellules normales que le corps humain peut grandir
jusqu’à l’âge adulte, que les cellules mortes sont
remplacées et que les blessures guérissent. Cette multiplication
est alors normale et indispensable à la vie. Une
cellule cancéreuse provient d’une cellule normale qui a
subi d’importantes modifications. Ces modifications
sont progressives : il faut une accumulation de plusieurs
modifications avant qu’une cellule devienne cancéreuse.
Les cellules cancéreuses se multiplient de manière
désordonnée au point de former une masse. Cette masse
est appelée "
tumeur*". Les cellules cancéreuses peuventégalement envahir et détruire les tissus sains avoisinants
et empêcher leur fonctionnement normal.
Il arrive que les cellules cancéreuses se détachent de
la tumeur originale (dite "tumeur primitive") et se
propagent par les vaisseaux sanguins ou lymphatiques
vers d’autres parties du corps et y former une autre
tumeur, dite "tumeur secondaire" ou
métastase*. Lescellules de neuroblastome peuvent s’installer notamment
dans les os ou dans la
moelle osseuse*. On parle alors deneuroblastome métastatique ou disséminé.
1.3 Le neuroblastome est-il un cancer fréquent ?
L
e neuroblastome est un cancer rare : 130 à 150 cas sontdiagnostiqués chaque année en France.
1
5
1
Chez les enfants de moins de 6 ans, le neuroblastome reste
néanmoins le cancer le plus fréquent. Il est bien connu des centres
spécialisés dans la prise en charge des cancers de l’enfant.
1.4 D’où vient le neuroblastome ?
L
’enfant se développe à partir d’une seule cellule (qui est laréunion d’un spermatozoïde et d’un ovule). Cette cellule va
se diviser pour en donner deux, puis quatre, puis huit, etc.
A force de se diviser et de se spécialiser, ces cellules vont
former un organisme constitué de milliards de cellules. Des
cellules vont s’assembler et composeront des
tissus*.Certains de ces tissus formeront des organes comme les os,
le coeur, les poumons, les muscles, la peau ; d’autres encore
constitueront ce qu’on appelle le système nerveux (le cerveau,
la
moelle épinière* et les nerfs). Une partie du système nerveuxdirige certaines fonctions automatiques. On parle du
systèmenerveux autonome
*.Ce système nerveux autonome est
composé en partie d’un système
nerveux appelé "sympathique". Sans
que l’on sache encore très bien
pourquoi, il arrive qu’une cellule du
système nerveux sympathique devienne
anormale : elle se divise alors sans
aucun contrôle et finit par former une
tumeur appelée neuroblastome. Il est
important de comprendre que le neuroblastome
n’est pas une maladie unique
avec une cause unique et un traitement
unique. Il y a plusieurs formes de neuroblastomes
qui ont chacune leurs traitements
spécifiques. Le schéma ci-contre
montre la localisation du système nerveux
sympathique. Les neuroblastome
se développent au niveau de ce système
nerveux. C’est la raison pour laquelle les
neuroblastomes se trouvent le plus
souvent au niveau du ventre (sur une
glande
* située au-dessus du rein : laglande surrénale, ou de chaque côté de
la colonne vertébrale). Parfois, ils
apparaissent au niveau du
thorax* et,plus rarement, au niveau du cou.
Les cellules
de neuroblastome
30 % au niveau du thorax
50 % au niveau du ventre
10 % au niveau du pelvis
SYSTÈME NERVEUX SYMPATIQUE
LOCALISATIONS DES NEUROBLASTOMES
6
GANGLION
NERVEUX
SYMPATHIQUE
REIN
GLANDE
SURRÉNALE
10 % au niveau du cou
1.5 Quelles sont les causes du neuroblastome ?
O
n ne connaît pas actuellement les facteurs à l’origine dudéveloppement d’un neuroblastome.
Aucun facteur ne semble lié à l’environnement (boisson,
alimentation, pollution, tabac) ou à la manière dont vivent
la famille et l’enfant. Il n’y a pas non plus de cause
infectieuse. Le neuroblastome n’est pas contagieux. Il ne
présente pas de facteur héréditaire puisque les familles dans
lesquelles on retrouve plus d’un cas de neuroblastome sont
extrêmement rares.
En revanche, nous savons qu’un neuroblastome présente
des anomalies dans le centre de la cellule (appelé "noyau"
de la cellule).
Ce noyau contient des petits bâtonnets que l’on
appelle les
chromosomes*. Dans toutes les cellulesde l’homme, on retrouve toujours le même
nombre de chromosomes : 46. Chacun porte un
numéro. Ces chromosomes sont très importants :
chacun contient un très grand nombre de
gènes*qui servent à faire fonctionner normalement la
cellule. Il arrive que les chromosomes présentent
des anomalies qui atteignent certains gènes. Le
programme de fonctionnement est alors déréglé et la cellule
va se comporter de façon anormale.
Dans le noyau d’une cellule d’un neuroblastome, il arrive
qu’il y ait beaucoup trop de chromosomes. Parfois il peut
manquer un petit bout du chromosome 1. Parfois, il existe
un bout en plus sur le chromosome 17. Parfois encore, on
retrouve un gène qui se trouve sur le chromosome 2 copié à
plusieurs exemplaires et que l’on appelle gène
MYCN*. Maisnous ne connaissons pas encore les
raisons pour lesquelles ces anomalies
génétiques apparaissent.
Le bout en plus du chromosome 17,
le bout en moins du chromosome 1 et
les copies du gène MYCN sur le chromosome
2 favorisent la multiplication des
cellules de neuroblastome.
46 chromosomes
Gène MYCN amplifié
au niveau du noyau
7
Le Diagnostic
8
2
Cette partie du document doit vous permettre de repérer les étapes
nécessaires au
diagnostic* du neuroblastome et de mieux comprendreles différents examens et consultations que le médecin peut proposer.
Le diagnostic est la démarche qui permet de reconnaître la maladie
dont votre enfant souffre, de savoir si c’est un cancer ou non. Si c’est
un cancer, le médecin doit déterminer de quel type de cancer il s’agit,
quelle en est sa gravité. Le médecin a donc besoin d'informations
complètes avant de proposer un traitement.
L
e diagnostic permet d’identifier la maladie à l’origine dessignes
* ou des symptômes* que présente l’enfant. Toutefois,les signes et les symptômes qui amènent les parents à
consulter leur médecin ne sont pas toujours particuliers au
neuroblastome et peuvent faire penser à d’autres maladies.
En effet, il s’agit généralement de maux de ventre, de
douleurs dans les jambes ou au niveau des articulations, de
fatigue ou de fièvre. Parfois, la présence d’un hématome
apparu autour des deux yeux oriente le médecin vers
un diagnostic de neuroblastome. Dès que l’on suspecte
fortement un neuroblastome, votre enfant est confié à une
équipe spécialisée qui va procéder à un
bilan*.Le délai entre la découverte de quelque chose d'anormal et
le début d'un traitement peut sembler très long. Ce délai est
indispensable afin de réaliser un ensemble d’examens. Les
informations obtenues vont permettre d’établir un
diagnostic exact et précis. Celui-ci permet d’élaborer ensuite
un programme, c'est-à-dire de proposer le meilleur traitement
adapté à l’enfant ainsi qu’à sa maladie et la meilleure
façon de le réaliser.
2.1 Le bilan : quels sont les examens pratiqués
pour établir un diagnostic ?
2.1.1 L’EXAMEN CLINIQUE
L
e médecin interroge les parents sur la santé de l’enfantComment savoir si c’est un neuroblastome ?
2
depuis sa naissance (maladies, accidents, etc.), ce qu’on
appelle les antécédents.
Le médecin interroge les parents et l’enfant pour connaître
l’histoire de la maladie, leur demande la façon dont les
signes
* et les symptômes* sont apparus.Ensuite, le médecin examine l’enfant afin de rechercher
d’éventuels signes anormaux : boule, hématome, endroit
douloureux, difficulté à bouger les membres, etc.
L’examen clinique permet de voir quels sont les autres
examens à réaliser.
Généralement, le bilan comprend :
•des examens par prélèvements* (sang, urines), •différents examens radiologiques* qui ont pour but debien situer la tumeur, ses limites et sa taille (
scintigraphie*,échographie
* et/ou scanner* et/ou IRM*), •des examens au microscope que l’on appelle examensanatomo-pathologiques
* : un fragment de la tumeur* et unpeu de
moelle des os* sont observés au microscope. Cesont ces examens qui permettent de découvrir exactement
de quel type de tumeur il s’agit.
2.1.2 LES EXAMENS RADIOLOGIQUES
L
es examens radiologiques et scintigraphiques ont pourbut de localiser la tumeur et de voir si elle s’est propagée à
d’autres parties du corps.
Les examens radiologiques et scintigraphiques montrent
des images de l’intérieur du corps. Ces examens sont
importants car grâce aux images obtenues, il est possible de
localiser exactement la tumeur et de déterminer si elle gêne
les organes et/ou les vaisseaux sanguins qui sont à proximité.
Ces examens permettent également de savoir si la tumeur
peut être enlevée totalement par chirurgie. Si ce n’est pas le
cas, les images montrent où il est possible d’effectuer un
prélèvement sur la tumeur afin de l’identifier.
Certains examens peuvent être faits rapidement, comme :
•une échographie de l’abdomen*, •une radiographie* des poumons.9
10
D’autres examens nécessitent plus de préparation de
l’enfant. Ils demandent plus de temps.
C’est le cas du :
•scanner ou de l’IRM, •de la scintigraphie.Chez l’enfant de moins d’un an, une radiographie du
squelette entier peut être demandée.
2.1.2.1 L’échographie
L
’échographie est un examen réalisé avec une sonde (sorte degros crayon) reliée à un écran de télévision et à un ordinateur.
Cette sonde envoie des ultrasons qui permettent de regarder
l’intérieur du corps à travers la peau. Cet examen est identique
à celui qui permet de voir l’enfant dans le ventre de la mère lors
d’une grossesse. Ces ultrasons sont arrêtés par l’air ou par les
os. L’échographie ne permet donc pas de tout voir.
L’enfant est allongé sur un lit. Le médecin radiologue passe
un produit sur la partie du corps de l’enfant à examiner. Ce
produit est un gel qui permet à la sonde de mieux glisser sur
la peau et de faciliter l’observation.
Cet examen n’est pas douloureux. Il nécessite que l’enfant soit à jeun.
Sa durée est d’environ quinze minutes.
2.1.2.2 Le scanner
L
e scanner est un gros anneau relié à un ordinateurqui permet d’examiner avec précision
certaines parties du corps de l’enfant grâce à
des rayons X : le
thorax*, le ventre ou le crânepar exemple.
L’enfant est installé sur un lit mobile qui se
déplace lentement à l’intérieur de l’anneau. Le
manipulateur est placé derrière une vitre
et explique à l’enfant ce qui se passe. Une
injection est faite au cours de l’examen.
Elle permet de mieux voir les vaisseaux sanguins. Au fur et à
mesure que le lit de l’enfant passe dans l’anneau, des photos
sont prises : elles apparaissent petit à petit sur l’écran.
Cet examen nécessite une piqûre mais n’est pas douloureux par la suite.
L’enfant doit être à jeun. Sa durée est d’environ une demi-heure.
Scanner
Scintigraphie
ou mIBG
2.1.2.3 La scintigraphie
L
a scintigraphie permet de voir oùs’accumule un produit radioactif. Pour le
neuroblastome, le produit est la mIBG.
L’enfant est allongé sur un lit. Le produit lui
est injecté par piqûre. Grâce à une caméra
spéciale (gamma caméra), l’appareil qui se déplace autour
de l’enfant obtient des images des zones où le produit s’est
accumulé.
Cet examen nécessite une piqûre mais n’est pas douloureux par la
suite. Sa durée varie de quinze minutes à une heure, parfois plus. Il
faut pouvoir rester immobile.
2.1.2.4 L’IRM (Imagerie par Résonance Magnétique)
L
’appareil qui permet de réaliser une IRM est une sortede tunnel relié à un ordinateur. L’IRM utilise un champ
magnétique. Elle permet d’observer avec précision le crâne, le
thorax
* ou l’abdomen*. Un manipulateur installe l’enfant surun lit mobile. Il lui place sur la tête une sorte de casque de
cosmonaute qui enregistre le signal émis par le corps. Le lit
va se positionner lentement à l’intérieur du tunnel. Pendant
tout l’examen, il est recommandé de ne pas bouger car les
images seraient très floues. Comme pour le scanner, il
ne faut pas s’impatienter : l’ordinateur met du temps à
afficher les images qui ont été prises. La machine fait
du bruit comme un marteau piqueur, mais l’enfant peut
écouter de la musique avec un casque.
Cet examen nécessite une piqûre mais n’est pas douloureux par la
suite. Sa durée varie entre une demi-heure et trois quarts d’heure.
L’enfant doit rester immobile. Pour cela, un médicament donné
avant l’examen permet de le calmer.
2.1.3 LES EXAMENS PAR PRÉLÈVEMENTS (URINES, SANG)
2.1.3.1 L’examen des urines
L
es catécholamines sont des substances que l’on trouvenormalement à des taux très faibles dans l’organisme. Dans
la majorité des neuroblastomes, la production de ces
catécholamines augmente fortement. Elles sont éliminées
11
12
par les urines de l’enfant. L’analyse des urines permet donc
de déterminer si le taux de catécholamines est trop élevé. Si
c’est le cas, on peut fortement soupçonner que la tumeur
est un neuroblastome. Trois types de catécholamines sont
dosés : l’acide homovanilique (HVA), l’acide vanylmandilique
(VMA) et la Dopamine. L’analyse de ces
substances dans les urines nécessite de recueillir les urines
de l’enfant durant vingt-quatre heures.
2.1.3.2 L’examen de sang
L
es prises de sang permettent seulement de juger de lafaçon dont les organes de l’enfant fonctionnent (le foie et
le rein en particulier). Rien dans le sang ne permet de
diagnostiquer un neuroblastome.
2.1.3.3 L’examen des cellules de neuroblastome :
l’examen anatomo-cyto-pathologique.
L
’examen anatomo-cyto-pathologique* est indispensable carc’est le seul qui garantit le diagnostic, autrement dit, qui
permet d’identifier la tumeur avec exactitude.
Qu’est-ce qui est nécessaire à cet examen ?
En vue de l’examen, un échantillon de la
tumeur* est prélevépar le radiologue ou par le chirurgien. Ce prélèvement se fait
habituellement sous
anesthésie générale* (l’enfant estcomplètement endormi).
On procède en même temps à des prélèvements dans la
moelle osseuse (organe qui fabrique le sang). Ce sont des
biopsies ostéo-médullaires
* et des myélogrammes*. Les expertsinternationaux se sont mis d’accord pour effectuer au
minimum deux biopsies ostéo-médullaires et quatre
myélogrammes.
Que fait le médecin chargé des examens anatomo-pathologiques ?
L’examen anatomo-pathologique, souvent abrégé en "anapath",
consiste à analyser au microscope un échantillon de la tumeur.
L’addition de certains produits colore les
cellules* cancéreusesqui sont ainsi repérables au microscope.
Cet examen est effectué par un médecin anatomo-pathologiste.
Le médecin anatomo-pathologiste confie des
échantillons au biologiste pour étudier les anomalies
de l’ADN (constituant essentiel des
chromosomes*de la cellule) des cellules cancéreuses. Il examine
notamment les anomalies du gène
MYCN*. Celapermet de savoir comment s’attaquer aux cellules et
de choisir ainsi au mieux le traitement.
Le médecin anatomo-pathologiste examine
également les deux biopsies osseuses et les quatre myélogrammes.
Ces examens permettent de savoir si des cellules
cancéreuses se trouvent dans la moelle osseuse. Il faut
savoir qu’on ne traite jamais un enfant lorsqu’on ne fait que
soupçonner un neuroblastome, sauf certaines urgences. Un
traitement ne débute que lorsque le diagnostic de neuroblastome
est confirmé par l’examen anatomo-pathologique
et que le bilan complet a montré si cette tumeur était
localisée ou si des
métastases* existaient.Ces examens font partie des méthodes reconnues par
l’ensemble des experts. Ce sont des
standards*.2.2 Les différents types de neuroblastome
L
es travaux de recherche permettent actuellement dedistinguer trois neuroblastomes différents :
•une maladie qui peut guérir toute seule ou avec untraitement très léger,
•une maladie souvent guérissable avec un traitement adapté, •une troisième maladie très agressive plus difficile à guériret qui nécessite un traitement beaucoup plus fort.
L'âge de l'enfant lors du diagnostic (soit inférieur à un
an, soit égal ou supérieur à un an), le caractère localisé
ou disséminé et les anomalies du gène MYCN, suffisent
actuellement pour choisir le traitement le plus adapté en
fonction du neuroblastome.
2.2.1 COMMENT SONT CLASSÉS LES NEUROBLASTOMES ?
D
ifférentes classifications des neuroblastomes ont étéétablies, variables selon les pays. Ces classifications ont
13
Examen
de la tumeur
au microscope
14
pour but de distinguer les différents types de neuroblastomes,
afin d’adapter le traitement. En 1993, des spécialistes européens
et américains ont décidé de proposer une classification
internationale qui doit permettre de comparer les
résultats des différents traitements. Cette classification
porte le nom d’International Neuroblastoma Staging
System (
INSS*). La classification TNM renseigne sur la taillede la tumeur (T), le nombre de
ganglions* atteints (N : enanglais ganglion se dit "Node") et enfin, sur la présence ou
non de
métastases* (M). Les classifications TNM et l'INSSsont les deux classifications utilisées en Europe.
Quelle que soit la classification employée, l’important est de
savoir si la tumeur est métastatique (disséminée) ou non :
•si les cellules sont restées à l’intérieur de la tumeur primitiveet ne sont pas allées vers d’autres organes ou d’autres
régions du corps, on parle de neuroblastome localisé ;
•si certaines cellules ont quitté la tumeur, on parle deneuroblastome disséminé.
Les neuroblastomes disséminés ou métastatiques correspondent
aux neuroblastomes dont certaines cellules ont quitté la
tumeur. Les cellules ont envahi d’autres organes ou régions
du corps notamment la
moelle osseuse* et les os. C’est le caspour cinq enfants sur dix lorsque le neuroblastome est
découvert après l’âge d’un an. Cette dissémination n’est
pas due à un retard de diagnostic, mais aux caractéristiques
spécifiques de certains neuroblastomes.
EN RÉSUMÉ
Le neuroblastome est un cancer de l’enfant qui se
développe généralement avant 6 ans.
C’est un cancer qui doit être pris en charge dans des
centres spécialisés dans les traitements des cancers de
l’enfant. Dès lors que l’on soupçonne un neuroblastome,
des examens doivent être réalisés. Ce sont :
•une analyse des urines, •des examens radiologiques (échographie abdominale,scanner, scintigraphie ou IRM),
•un examen de la tumeur et de la moelle osseuse, •un examen du noyau des cellules pour étudier sesanomalies et le gène MYCN en particulier.
On peut alors identifier le type de neuroblastome et
adapter
le traitement.D
ifférents traitements sont possibles pour soignerun enfant qui présente un neuroblastome. Chacun de ces
traitements est bien connu par les centres spécialisés
des cancers de l’enfant. Afin de déterminer le traitement
adapté, efficace et présentant le moins de risques pour
l’enfant, plusieurs spécialistes (médecin radiologue,
chirurgien, radiothérapeute, pédiatre cancérologue)
se concertent. La décision est donc multidisciplinaire.
La coordination entre chacun est essentielle pour assurer à
l’enfant les meilleures chances de guérison. C’est le pédiatre
cancérologue qui organise cette coordination.
3.1 Quels sont les différents traitements possibles ?
I
l n’existe pas de traitement universel. Les traitements sontproposés dans le cadre de la recherche scientifique. C’est la
seule voie connue pour soigner au mieux les enfants. Les
études scientifiques ont déterminé les meilleurs traitements
pour chaque type de neuroblastome en fonction de l’âge
de l’enfant. Les protocoles, qui décrivent de façon précise
les conditions et le déroulement du traitement, sont
nationaux et parfois internationaux.
On distingue deux types de traitements possibles :
•les traitements loco-régionaux : la tumeur* est enlevée oudétruite directement à l’endroit où elle se trouve. Les traitements
loco-régionaux sont la chirurgie et la
radiothérapie* ; •les traitements généraux. Ce sont des traitements quiagissent dans tout l’organisme de l’enfant, à la fois sur
la tumeur et là où peuvent se trouver les
métastases*. C’estle cas de la
chimiothérapie*.3.1.1 LA CHIRURGIE
L
a chirurgie est une arme importante pour le traitement duneuroblastome. Le but de ce traitement local est d’enlever
Traitements
3Quels sont les moyens pour lutter contre
un neuroblastome ?
15
3
16
la tumeur. La chirurgie devra être la plus complète possible,
c’est-à-dire ôter dans la mesure du possible la totalité de la
tumeur, sans prendre de risques vitaux pour l’enfant.
Les différentes images radiologiques (scanner ou
IRM*)obtenues lors du
bilan diagnostique* permettent d’évaluer lesrisques de la chirurgie.
3.1.2 LA RADIOTHÉRAPIE
C
omme la chirurgie, la radiothérapie* est un traitement locorégionaldu cancer : elle permet d’éliminer directement
la tumeur à l’endroit où elle se trouve. Cette technique
consiste à utiliser des
rayons* (appelés rayons X ou photons)qui vont atteindre la tumeur, abîmer les
cellules cancéreuses et les rendre incapables
de se diviser. Si les cellules ne peuvent plus se
diviser, elles disparaîtront.
La radiothérapie est utilisée depuis longtemps
pour traiter les cancers. Dans le cas précis
du neuroblastome, les études scientifiques
internationales ont montré l’efficacité de ce
traitement. La décision de faire ou non
une radiothérapie dépend du type et du stade de neuroblastome
ainsi que de l'âge de l’enfant. La radiothérapie
entraîne chez le petit enfant des troubles de croissance et
cette complication joue un rôle dans le choix du traitement.
3.1.3 LA CHIMIOTHÉRAPIE
L
a chimiothérapie consiste à traiter le cancer* par desproduits chimiques : les médicaments. Ces médicaments
sont appelés médicaments anti-tumoraux (contre la
tumeur) ou anticancéreux (contre le cancer). Ces
médicaments agissent par voie générale, c'est-à-dire qu’ils
ont un effet à la fois sur la tumeur et dans l'ensemble du
corps. Ces médicaments sont introduits dans des veines par
l’intermédiaire d’un tuyau appelé
cathéter* ou chambreimplantable selon sa forme. Le but de ces médicaments est
de détruire les cellules cancéreuses quel que soit l’endroit
où elles se trouvent, et d’empêcher leur division, ce qui va
provoquer leur disparition.
Les médicaments de chimiothérapie sont nombreux.
Séance
de radiothérapie
L’action d’un médicament utilisé seul peut ne pas être
suffisante. C’est pourquoi ils sont associés entre eux : cela
permet d’augmenter leur efficacité. Les combinaisons
de plusieurs médicaments de chimiothérapie
composent ce qu’on appelle des protocoles
de chimio-thérapie. Ces protocoles de chimiothérapie
sont particuliers à chaque cancer. Ils
sont établis en fonction de leur efficacité sur le
cancer et de leurs effets toxiques sur l’organisme
(ils peuvent en effet provoquer des
effetssecondaires
* ou des séquelles*). Les doses de cesmédicaments sont ensuite calculées en fonction
du poids de l’enfant et de sa taille.
Le neuroblastome est une tumeur "chimiosensible",
c’est-à-dire que les chimiothérapies
peuvent la faire diminuer de volume.
Les principaux médicaments utilisés sont :
•le cyclophosphamide ; •la doxorubicine (produit rouge) ; •l’étoposide ; •les sels de platine ; •la vincristine.Si la chimiothérapie est toxique pour la tumeur, elle entraîne
des effets secondaires tels que des nausées et vomissements,
une alopécie (perte de cheveux temporaire), une
aplasie
* et parfois, en fonction des médicaments et dosesadministrés, une stérilité définitive.
3.2 Selon quels critères choisit-on les différents
traitements ?
D
ifférents traitements sont possibles pour soigner unenfant atteint d’un neuroblastome. Le choix de ces
traitements dépend :
•de l’âge de l’enfant (moins ou plus d’un an) ; •du stade de neuroblastome (localisé ou disséminé) ; •des anomalies de la cellule du neuroblastome (copies dugène
MYCN* ou non).17
2
1
3 4
1. Chambre
2. Pansement
post-opératoire
3. Cathéter
sous-cutané
4. Cathéter
intraveineux
Chambre
implantable
et cathéter
18
3.2.1 SI L’ENFANT A PLUS D’UN AN
3.2.1.1 Si c’est un neuroblastome localisé
L
e bilan* complet procure des informations sur la possibilitéou non d’une chirurgie immédiate. Deux cas de figures se
présentent : soit la chirurgie est possible immédiatement,
soit elle ne l’est pas.
•Si la chirurgie est possible immédiatement (décisionprise par le radiologue, le chirurgien et le pédiatre cancérologue),
l’enfant est opéré.
Lorsque la chirurgie retire la totalité du neuroblastome,
aucun autre traitement n’est envisagé. Seule une surveillance
de l’enfant est ensuite nécessaire.
Toutefois, s’il reste un peu de tumeur ou s’il existe des
ganglions
* envahis et que l’analyse a montré qu’il existe descopies du gène MYCN, une
chimiothérapie* est proposée. •Si la chirurgie n’est pas possible d’emblée, on procèdeà une chimiothérapie préalable.
Oter la tumeur n’est pas toujours possible, notamment
lorsque la tumeur est très grosse ou lorsqu’elle est située
près des gros vaisseaux abdominaux (l’aorte par exemple).
Il arrive également que la tumeur soit placée de telle sorte
que le chirurgien ne puisse intervenir sans danger. Dans un
premier temps, on va donc essayer de diminuer la taille de
la tumeur, ce qui facilitera ensuite le travail du chirurgien.
C’est le rôle de la chimiothérapie de réduire la taille de la
tumeur. Ce n’est que lorsque la taille de la tumeur aura
diminué que le chirurgien pourra opérer.
Après la chirurgie, une autre chimiothérapie peut être à
nouveau proposée :
- si la totalité de la tumeur n’a pu être enlevée ;
- si le type de cellules cancéreuses trouvées par l’analyse
anatomo-pathologique de la tumeur montre
qu’un traitement complémentaire est nécessaire.
3.2.1.2 Si c’est un neuroblastome disséminé
U
n neuroblastome disséminé est un neuroblastome métastatique(on parle de stade 4). Ce neuroblastome s’est
dispersé dans tout le corps et plus particulièrement dans les
os et la
moelle osseuse*. Par conséquent, les traitementsproposés sont plus intensifs et plus longs.
Dans ce cas de figure, la
chimiothérapie* est une premièreétape indispensable. Ce sera donc le premier traitement
proposé. En effet, agissant dans tout l’organisme de
l’enfant, une chimiothérapie va aider à détruire les métastases
du neuroblastome quel que soit l’endroit où elles
se trouvent. Le traitement commence par une phase de
chimiothérapie de plusieurs mois. C’est ce qu’on appelle une
chimiothérapie d’induction. Les médicaments sont associés
entre eux selon des protocoles bien déterminés par les
études scientifiques internationales.
Une chirurgie est ensuite proposée pour enlever les restes
éventuels de la tumeur principale, la tumeur primitive.
Après cela, une chimiothérapie est réalisée de façon intense.
Les médicaments de chimiothérapie sont alors donnés à
très fortes doses.
Cette forte chimiothérapie entraîne une aplasie très importante,
c’est-à-dire un arrêt de la production de sang par la
moelle osseuse. Afin que cette aplasie ne soit pas trop
longue, on prélève, avant la chimiothérapie, des cellules
particulières dans le sang de l’enfant : des cellules souches.
C’est ce qu’on appelle une
cytaphérèse*. Ces cellules souches,issues de la moelle osseuse, servent à fabriquer du
sang. Après la chimiothérapie, ces cellules seront redonnées
à l’enfant. Elles pourront alors venir se loger dans la moelle
osseuse pour fabriquer à nouveau du sang.
Cependant, après la réinjection des cellules souches, un
certain temps est nécessaire pour que le sang se régénère.
Afin d’éviter les infections graves, l’enfant sera isolé
pendant cette période.
3.2.2 SI L’ENFANT A MOINS D’UN AN
I
l est important de différencier les enfants de moins d’un andes autres enfants du fait de leur très jeune âge. En effet,
chez ces très jeunes enfants, les risques liés aux traitements
sont plus importants. Par ailleurs, chez certains d’entre eux,
l’évolution du neuroblastome peut se faire favorablement
sans aucun traitement ou avec un traitement très léger.
3.2.2.1 Si c’est un neuroblastome localisé
L
orsqu’elle est possible, la chirurgie doit être réalisée en tenant19
20
compte de l'âge de l’enfant. Elle permet dans la majorité
des cas de traiter le cancer et de guérir l’enfant sans autre
traitement. Une chimiothérapie n’est proposée que si la chirurgie
est impossible. La dose des médicaments est ajustée
précisément en fonction du poids et de la taille de l’enfant.
La chimiothérapie permet de diminuer la taille de la tumeur
et d’effectuer ensuite une chirurgie dans de meilleures
conditions. La durée de la chimiothérapie dépend de la
vitesse de diminution de la tumeur.
Les études scientifiques montrent qu’il n’est pas utile de
proposer une radiothérapie.
3.2.2.2 Si c’est un neuroblastome disséminé
I
l existe deux stades de neuroblastome disséminé (métastatique)chez les enfants de moins d’un an : le neuroblastome
stade 4S (qui signifie 4 spécial) et le neuroblastome stade 4.
Il est important de les différencier lors du diagnostic car les
traitements sont différents.
- LE STADE 4S
C
ette forme particulière de neuroblastome disséminéatteint le plus souvent les enfants de moins de six mois.
C’est le foie qui est le plus fréquemment touché par les
métastases du neuroblastome. Il existe deux situations
différentes en fonction des signes et des symptômes que
présente l’enfant :
•Soit l’enfant a des symptômes ou des signes graves (très


















